Dans un contexte marqué, depuis plusieurs mois, par la baisse des aides au chauffage au bois performant et par une orientation des soutiens publics de plus en plus centrée sur la pompe à chaleur, la question écrite déposée par Marie-Christine Dalloz le 21 avril 2026 pose une question simple, mais essentielle :
« Les orientations actuelles favorisent massivement les installations de pompes à chaleur, tant par les montants des subventions que par les facilités à obtenir ces aides. Sur le terrain, ces choix ne paraissent pas adaptés à de nombreux logements dans les territoires ruraux et tout particulièrement lors de rénovations dans de l’habitat ancien qui nécessite des travaux lourds et coûteux. Les baisses des aides pour les systèmes de chauffage à bois, bûches ou granulés, fragilisent la filière et risquent de freiner la sortie des énergies fossiles«
La question écrite déposée par Marie-Christine Dalloz remet au centre du débat un sujet que Propellet considère comme essentiel : peut-on durablement orienter aussi fortement les aides vers une seule solution de chauffage, alors que les réalités des logements, des rénovations et des territoires sont beaucoup plus diverses ?
Cette interpellation n’arrive pas isolément. Depuis plusieurs mois, plus de 80 parlementaires ont déjà posé des questions écrites ou orales au Gouvernement sur la baisse des aides au chauffage au bois performant, sur ses conséquences pour les ménages et sur le risque d’écarter trop vite des solutions pourtant adaptées à une partie du parc existant. On peut citer, parmi d’autres, les prises de position de Louise Morel, Anne-Catherine Loisier ou encore d’autres élus déjà relayées dans nos précédents articles.
Le granulé de bois, complémentaire à la PAC
Le fond du sujet est clair : il ne s’agit pas d’opposer le granulé à la pompe à chaleur. Il s’agit de rappeler qu’une politique publique efficace ne peut pas reposer sur une réponse unique. Dans l’habitat ancien, dans certains territoires ruraux ou dans des rénovations contraintes, toutes les configurations ne se prêtent pas de la même manière aux mêmes équipements.
Le chauffage au granulé de bois performant a toute sa place dans un mix de solutions cohérent avec la diversité des bâtiments, des usages et des territoires. Fragiliser ses aides, c’est prendre le risque de ralentir la sortie des énergies fossiles, alors même que le contexte géopolitique actuel rappelle chaque jour l’importance de renforcer notre souveraineté énergétique. Dans cette perspective, le bois énergie constitue un allié précieux : une ressource renouvelable, locale, immédiatement mobilisable, et capable de contribuer concrètement à une transition énergétique plus résiliente.
La question posée aujourd’hui par Marie-Christine Dalloz vient ainsi confirmer une préoccupation de fond, de plus en plus partagée : la transition énergétique du chauffage ne pourra être crédible qu’à condition de rester connectée aux réalités du terrain.
Pour aller plus loin :
- La question écrite de Marie-Christine Dalloz (21 avril 2026)
- La question de la sénatrice Anne-Catherine Loisier sur la sortie des chaudières biomasses du dispositif d’aide MaPrimeRénov’ en parcours monogeste (25 novembre 2025)
- La question de la députée Louise Morel suite à la baisse de 30% de l’aide MaPrimeRénov’ (avril 2024)