Bois-énergie et qualité de l’air : Sylvain WASERMAN remet les faits scientifiques au cœur du débat

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Alors que le bois-énergie occupe une place reconnue dans le mix énergétique renouvelable, la question de son impact sur la qualité de l’air continue de susciter interrogations et débats. Dans un récent post LinkedIn, Sylvain Waserman, président de l’ADEME, appelle à aborder ce sujet avec lucidité, rigueur scientifique et sans exagération.

Le bois-énergie présente en effet des atouts majeurs : énergie renouvelable thermique non intermittente, souveraine, et dotée d’une très bonne efficacité carbone de l’euro investi. Mais comme toute énergie de combustion, son usage interroge sur ses effets sanitaires, en particulier au regard des émissions de particules.

Particules fines : des données objectivées et des progrès réels

Parmi les polluants atmosphériques, les particules en suspension constituent un enjeu central de santé publique. Leur toxicité dépend notamment de leur taille (PM10, PM2,5) et de leur composition chimique. Les particules fines PM2,5 sont majoritairement issues des phénomènes de combustion.

Les données de référence montrent cependant des progrès significatifs : selon le Citepa, les émissions de particules liées au bois-énergie ont diminué d’environ 50 % depuis les années 1990, principalement grâce à l’amélioration des performances des appareils de chauffage domestique. Le bois-énergie reste néanmoins la première source nationale d’émissions de PM2,5, essentiellement en raison du parc ancien d’appareils peu performants.

Le renouvellement du parc : un levier prioritaire et efficace

C’est précisément sur ce point que les politiques publiques agissent. Dans les territoires les plus exposés à la pollution atmosphérique, l’État a confié à l’ADEME la mise en œuvre du Fonds Air Bois, destiné à accélérer le remplacement des équipements anciens par des appareils modernes et performants.

Les ordres de grandeur sont clairs : à chaleur équivalente, un poêle à granulé émet en moyenne 260 fois moins de particules fines qu’un foyer ouvert et consomme environ 9 fois moins de bois. Le renouvellement du parc constitue ainsi le levier le plus immédiat pour réduire l’impact sanitaire du chauffage au bois, sans remettre en cause la place du bois-énergie dans le mix.

C’est justement ce que Propellet porte depuis plusieurs mois au travers de sa campagne de communication « Remplace ton feu, respire mieux » : le problème sanitaire est réel, il est urgent de remplacer les anciens appareils peu performants. Le chauffage au granulé de bois fait donc partie des solutions pour y parvenir avec son triptyque d’avantages, pour la qualité de l’air, le pouvoir d’achat et la disponibilité de la ressource.

Par ailleurs, pour les chaufferies biomasse et les réseaux de chaleur, les exigences en matière de filtration, notamment dans le cadre du Fonds Chaleur, sont plus strictes que la réglementation nationale, garantissant un haut niveau de maîtrise des émissions.

Approfondir les connaissances, notamment sur les particules ultrafines

Le post de Sylvain Waserman souligne également un point essentiel : les particules ultrafines (PUF) issues du bois-énergie restent encore peu documentées dans la littérature scientifique. Consciente de cet enjeu, l’ADEME soutient plusieurs projets de recherche afin de mieux caractériser ces émissions et leurs impacts potentiels sur la santé.

Dans cette logique, l’ADEME, le LCSQA, le Citepa et l’Ineris ont récemment publié une synthèse des connaissances scientifiques sur les particules liées au bois-énergie, contribuant à objectiver le débat et à identifier les leviers d’action les plus pertinents.

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