Alors que la France accélère l’électrification de son économie, Propellet France appelle à ne pas réduire la transition énergétique à une solution unique. Pour sortir efficacement du fioul, du propane et du gaz fossile, notre pays doit aussi se doter d’une véritable stratégie de décarbonation de la chaleur.
C’est tout l’objet du plan publié par Propellet France :
« Décarboner la chaleur avec le granulé : pour une chaleur bon marché, souveraine et durable ».
Ce dossier formule dix propositions concrètes pour donner au granulé de bois la place qu’il doit occuper dans le mix énergétique français.
L’électrification est nécessaire, mais elle ne suffira pas
La chaleur reste encore fortement dépendante des énergies fossiles. Celles-ci représentent 58 % de la consommation finale d’énergie en France et 34 % de la consommation énergétique du secteur résidentiel.
Dans le même temps, toutes les situations ne peuvent pas être électrifiées. Certaines habitations sont difficilement compatibles avec une pompe à chaleur, en raison de leurs besoins élevés de chaleur, de leur réseau de chauffage existant, de contraintes électriques ou encore de leur localisation. Un million de logements sociaux ne seraient par ailleurs ni raccordés à un réseau de chaleur ni adaptés à une électrification de leur chauffage.
La sortie des énergies fossiles doit donc s’appuyer sur un mix de solutions complémentaires, choisies en fonction des caractéristiques des bâtiments, des territoires et des usages.
Le granulé de bois apporte, dans de nombreux cas, une réponse immédiatement mobilisable : une chaleur renouvelable, stockable, performante et produite majoritairement en France.
Une filière française déjà prête à changer d’échelle
Le chauffage au granulé de bois ne repose pas sur une technologie émergente. La filière est structurée, opérationnelle et implantée sur l’ensemble du territoire.
Elle représente aujourd’hui :
-
80usines de production de granulés
-
2,4 millionsde tonnes produites chaque année en France
-
20 000emplois directs et indirects
-
2 millionsde foyers équipés
-
3000chaufferies collectives ou industrielles
Le granulé est principalement fabriqué à partir des coproduits de l’industrie forêt-bois, notamment les sciures et connexes issus de la transformation du bois. Cette organisation permet de valoriser une matière existante tout en produisant une énergie locale et stockable.
La chaîne de valeur créée par le granulé reste en outre très largement ancrée en France : production du combustible, distribution, installation, maintenance, exploitation et services énergétiques.
Propellet France fixe une ambition claire : équiper au moins un million de foyers supplémentaires en appareils de chauffage au granulé de bois d’ici à 2035, en accompagnant cette progression par un développement maîtrisé de la production française.
Des politiques publiques devenues contradictoires
Cette ambition se heurte cependant à des signaux publics de plus en plus défavorables.
Après deux diminutions successives de 30 % des aides MaPrimeRénov’ consacrées aux appareils de chauffage au bois, les aides en monogeste aux chaudières biomasse ont été supprimées en 2026. La révision des certificats d’économies d’énergie a également fortement réduit le soutien accordé aux chaudières biomasse. La suppression de MaPrimeRénov’ en monogeste à compter du 1er septembre 2026 a enfin été annoncée pour les équipements de chauffage autres que les pompes à chaleur.
Cette évolution apparaît difficilement compatible avec l’objectif de sortie des énergies fossiles et avec la troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie, qui reconnaît pourtant la nécessité de développer raisonnablement et sous conditions le chauffage biomasse.
En affaiblissant les aides consacrées au granulé de bois, les pouvoirs publics ne suppriment pas seulement un soutien financier : ils orientent les ménages vers une technologie unique, y compris lorsque celle-ci n’est pas la plus pertinente techniquement ou économiquement.
Dix propositions pour décarboner la chaleur avec le granulé
Le plan présenté par Propellet France s’articule autour de mesures transversales et de deux grands axes consacrés aux bâtiments et à l’industrie.
1. Redonner sa place au chauffage au bois performant dans la Programmation pluriannuelle de l’énergie
Propellet France demande que le chauffage au bois performant soit clairement intégré parmi les usages prioritaires de la biomasse dans la Programmation pluriannuelle de l’énergie, notamment lorsqu’il remplace une énergie fossile ou un ancien appareil peu performant.
2. Hiérarchiser les usages de la biomasse selon leur efficacité
Toutes les utilisations de la biomasse ne présentent pas les mêmes rendements ni le même intérêt climatique. La chaleur performante doit être privilégiée par rapport à des usages plus consommateurs de ressources, moins matures ou moins efficaces, tels que la production d’électricité sans valorisation de la chaleur.
3. Rétablir l’équité entre les solutions bas carbone
Les aides à la rénovation doivent reposer sur les performances réelles des équipements et sur leur capacité à remplacer une énergie fossile, sans favoriser systématiquement une technologie au détriment des autres.
4. Revaloriser les certificats d’économies d’énergie
Les fiches CEE applicables aux chaudières biomasse doivent mieux prendre en compte leur durée de vie, leurs rendements et les économies réellement générées.
5. Garantir une comparaison réelle dans les audits énergétiques
Lorsqu’il est techniquement pertinent, le granulé de bois doit être présenté dans les scénarios de rénovation. L’objectif n’est pas de l’imposer, mais de garantir qu’il soit réellement étudié aux côtés des autres solutions bas carbone.
6. Relancer une campagne nationale sur le chauffage au bois performant
Près de la moitié du parc d’appareils de chauffage au bois reste ancien ou peu performant. Le renouvellement de ces équipements constitue un levier majeur pour réduire la consommation de bois et les émissions de particules fines.
Propellet France propose donc de réactiver une campagne nationale consacrée au bon usage du chauffage au bois et au remplacement des appareils anciens.
7. Associer la filière aux instances de décision
Le granulé se trouve au croisement des politiques énergétiques, forestières, industrielles, territoriales et de qualité de l’air. La filière doit être représentée dans les instances où se préparent les futures orientations réglementaires.
8. Créer une offre clé en main pour remplacer les chaudières fossiles
Pour les maisons et bâtiments disposant déjà d’un chauffage central, le remplacement d’une chaudière fioul, gaz ou propane par une chaudière à granulés peut être particulièrement simple.
Une offre intégrée pourrait regrouper le diagnostic, le financement, l’installation, l’approvisionnement et la maintenance afin de sécuriser le passage à l’acte.
9. Accompagner les bâtiments publics, collectifs et tertiaires
Écoles, mairies, gymnases, établissements de santé, logements collectifs et bâtiments tertiaires présentent souvent des besoins de chaleur réguliers auxquels le granulé peut répondre efficacement.
Le plan prévoit donc un accompagnement spécifique des collectivités, bailleurs et gestionnaires de bâtiments, notamment en lien avec le Fonds Chaleur.
10. Développer les usages industriels du granulé
De nombreux procédés industriels ont besoin de chaleur plutôt que d’électricité : séchage, eau chaude, vapeur ou chaleur de process.
Propellet France propose de créer un programme d’accompagnement destiné aux industriels, artisans et PME souhaitant remplacer le gaz, le fioul ou le propane par du granulé de bois lorsque cette solution est adaptée.
Construire un mix énergétique plus robuste
La France a besoin d’électrification. Mais elle a tout autant besoin d’une politique de la chaleur capable de mobiliser l’ensemble des solutions renouvelables disponibles : pompes à chaleur, réseaux de chaleur, géothermie, solaire thermique, chaleur fatale et biomasse.
Ces solutions ne doivent pas être opposées. Elles doivent être choisies en fonction de leur efficacité, de leur coût, des contraintes techniques et des besoins réels de chaque bâtiment ou activité.
Le granulé de bois n’est pas une solution marginale. Il constitue déjà un outil concret de décarbonation pour les ménages, les collectivités, les entreprises et l’industrie.
À travers ce plan, Propellet France demande donc une politique publique plus cohérente, fondée sur la neutralité technologique, l’efficacité énergétique et la sortie effective des énergies fossiles.
Ce document sera porté auprès de la presse, des pouvoirs publics et des contacts politiques de Propellet France afin d’alimenter le débat sur la décarbonation de la chaleur et les prochains arbitrages énergétiques.