Suppression de MaPrimeRénov’ au 1er sept. : une décision inéquitable et contre-productive

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À compter du 1er septembre 2026, le Gouvernement a décidé de supprimer l’aide MaPrimeRénov’ dans le cadre du parcours monogeste, à l’exception de l’installation d’une pompe à chaleur. Déjà supprimée pour les chaudières à bois ou à granulés depuis le 1er janvier 2026, l’installation d’un poêle à bois ou à granulés réalisée seule ne sera donc plus éligible, tandis que les pompes à chaleur destinées au chauffage resteraient soutenues. La prise en charge reste toutefois possible dans le cadre des rénovations d’ampleur.

Cette évolution instaure une différence de traitement difficilement compréhensible entre des solutions qui poursuivent pourtant le même objectif : remplacer les énergies fossiles et réduire les émissions de gaz à effet de serre des logements.

Une politique publique qui privilégie une technologie unique

La pompe à chaleur constitue une solution pertinente dans de nombreux bâtiments pour décarboner le chauffage domestique. Mais elle ne peut pas répondre, à elle seule, à toutes les configurations techniques, géographiques et économiques.

Dans certains cas de logements anciens, mal isolés ou équipés de réseaux de chauffage à haute température, son installation peut nécessiter des travaux importants. Des contraintes de raccordement électrique, de climat, de disponibilité foncière ou de coût peuvent également limiter sa pertinence. EDF a d’ailleurs indiqué en mai dernier à la Journée de la PAC 2026, que dans 5 à 10% des cas, la pompe à chaleur ne représenterait pas la solution la plus adaptée.

Dans ces situations, le granulé de bois offre une solution renouvelable, performante et immédiatement disponible pour remplacer un chauffage au fioul, au gaz ou au charbon.

Maintenir l’aide MaPrimeRénov’ en parcours monogeste pour les pompes à chaleur tout en la supprimant pour les appareils à granulés revient donc à privilégier une technologie plutôt qu’un résultat. Une politique équitable devrait accompagner toutes les solutions capables de réduire effectivement la consommation d’énergies fossiles, selon les caractéristiques du bâtiment et les réalités du territoire.

Une mesure qui pénalise d’abord les ménages modestes

Il est souvent rappelé que l’installation d’un appareil de chauffage au granulé reste éligible dans le cadre du parcours global de MaPrimeRénov’.

Pourtant, les études thermiques des bâtiments dans le cadre de rénovations globales ne font systématiquement ressortir que la solution pompe chaleur et excluent encore une fois les appareils de chauffage au bois ou au granulé.

Également, le remplacement unique d’un ancien appareil par du granulé constitue souvent une opération accessible, rapide à mettre en œuvre et proportionnée aux capacités financières des ménages. À l’inverse, une rénovation d’ampleur suppose plusieurs travaux simultanés, un accompagnement obligatoire et un investissement initial nettement plus élevé. Même lorsque ces travaux sont pertinents, tous les ménages ne disposent pas des moyens financiers, du temps ou de la capacité d’endettement nécessaires pour s’engager immédiatement dans un tel parcours.

Supprimer l’aide au remplacement ponctuel d’un chauffage revient ainsi à fermer l’accès à la transition énergétique aux ménages qui ne peuvent pas financer une rénovation globale. Cela risque de prolonger l’usage d’équipements fossiles ou d’appareils au bois anciens, moins efficaces et plus polluants.

Un risque direct pour l’amélioration de la qualité de l’air

Cette décision apparaît également contradictoire avec les objectifs nationaux de réduction des émissions de particules fines.

Le plan national sur le chauffage au bois repose précisément sur l’accélération du renouvellement des cheminées ouvertes et des appareils anciens au profit d’équipements modernes et performants. Le ministère de la Transition écologique rappelle que la performance de l’appareil, la qualité du combustible et les conditions d’utilisation sont déterminantes pour limiter les émissions. Il avait ainsi fait de MaPrimeRénov’ l’un des principaux instruments permettant d’accélérer ce renouvellement.

Les données de l’ADEME confirment l’intérêt sanitaire de cette politique. Pour une même quantité de chaleur produite, un poêle à granulés récent peut émettre jusqu’à 260 fois moins de particules fines qu’un foyer ouvert. (source : ADEME – Chauffage au bois domestique et émissions de particules fines, 2023-2024)

Aujourd’hui, encore près d’un appareil de chauffage au bois en fonctionnement sur deux est ancien ou peu performant et date d’avant 2005. Ces appareils sont responsables des 2/3 des émissions de particules fines.

En supprimant l’aide nationale qui facilite ces remplacements, l’État risque donc de ralentir la disparition des équipements les plus émetteurs. Les collectivités engagées dans des plans de protection de l’atmosphère ou des Fonds Air Bois pourraient se retrouver à compenser localement le recul du soutien national.

En conclusion

La transition énergétique ne peut pas reposer sur une solution unique, ni sur un parcours unique. Elle nécessite une politique fondée sur l’efficacité réelle des travaux, la neutralité technologique et l’équité entre les ménages.

Propellet demande donc une équité dans les aides distribuées par l’État entre les différentes solutions performantes en capacité de remplacer un chauffage fossile, un foyer ouvert ou un appareil ancien fortement émetteur.

Soutenir leur renouvellement, ce n’est pas disperser les aides publiques. C’est agir simultanément pour la décarbonation des logements, le pouvoir d’achat des ménages et la qualité de l’air.

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